Complémentaire santé : SUD écrit à l’UCANSS et à Médéric

Par UF - 21/10/2008

A 2 mois de la date de mise en oeuvre de la complémentaire santé obligatoire, force est de constater que l’UCANSS met en place cette mesure dans la désorganisation et la précipitation.
Nous pourrions même parler d’amateurisme si le sujet n’était pas aussi sérieux :
Les informations données aux organismes locaux sont contradictoires, voire erronées.
Aucune véritable formation préalable pour les personnels des organismes de base chargés de ce dossier sur le plan local n’est organisée. Ils n’ont pas les moyens de faire leur travail correctement.
On ne peut qu’être inquiet quant à la qualité du service qui sera rendu aux salariés par la nouvelle complémentaire si cela continue ainsi.

Au delà de ces « dysfonctionnements » que nous trouvons totalement anormaux mais auxquels, l’UCANSS, hélas, nous a habitué, il y a des éléments dans ce dossier qui sont scandaleux :

- L’obligation pour les agents de remettre à l’employeur une « attestation Vitale », sur laquelle figurent des données confidentielles comme l’indication d’une affection de longue durée nous pose problème. Où est le respect de la confidentialité et du secret médical ? Depuis quand l’employeur est-il autorisé à savoir si ses salariés sont en affection de longue durée ?
Ce type de document doit être géré directement par l’opérateur sans que l’employeur y ait accès.

- Le bulletin d’adhésion d’au moins un des opérateurs (Méderic) n’est pas le même que le spécimen UCANSS figurant sur votre site. Il comporte une mention spécifique qui nous déplait fortement.
En effet, Méderic a ajouté (en bas à droite et en caractère minuscules) une phrase indiquant « sauf opposition écrite de votre part, ces informations peuvent être communiquées aux organismes du groupe Malakoff Méderic... »
En clair, l’adhésion à la complémentaire santé gérée par Méderic permet à l’ensemble du groupe Malakoff Méderic d’enrichir gratuitement son fichier pour vendre ensuite ses autres produits, tels que plans d’épargne retraite, assurance-vie et autres produits financiers.

C’est non seulement peu déontologique mais surtout à limite de la légalité.
Il aurait été plus correct que cette communication d’information ne puisse être accordée à Méderic qu’après autorisation explicite du salarié (case à cocher par exemple).

Aussi, nous demandons à l’UCANSS d’intervenir dans les plus brefs délais auprès des services de Méderic afin que ceux-ci modifient leur bulletin d’adhésion et d’interdisir à Méderic (ainsi qu’aux autres opérateurs) l’utilisation des informations à d’autres fins que la complémentaire santé.
Nous envisageons une saisine de la CNIL.

D’autres anomalies sont à relever comme la demande - toujours de l’opérateur Méderic - d’une autorisation de prélèvement sur le compte bancaire du salarié alors que la cotisation est prélevée directement sur le salaire ... si nous avions mauvais esprit, nous pourrions penser que Méderic veut prélever une double cotisation !

Enfin, les retraités attendent toujours des informations précises et concrètes sur leur possibilité d’adhérer et sur leurs droits, alors que certains ont déjà résilié leur ancienne complémentaire santé !.

Nous trouvons affligeant, comme de nombreux collègues, que cette complémentaire santé concernant tous les salariés de l’institution soit entre les mains exclusives de 2 de nos employeurs, à savoir 2 directeurs d’organisme (dont l’un veut déjà mettre en place pour les hauts revenus de l’institution une sur-complémentaire santé) !

Complémentaire Santé : lettre à l’UCANSS 20/10/2008
Complémentaire Santé : lettre à MEDERIC 20/10/2008
- SUD Protection Sociale -