Quand la logique de l’assurance privée devient obligatoire à la Sécu

Par UF - 3/09/2008
Complémentaire santé obligatoire pour les salariés de la Sécurité sociale

6 organisations syndicales viennent de signer un accord sur la mise en place d’une complémentaire santé obligatoire pour les salariés de la Sécurité sociale.

Pour SUD Protection Sociale, la mise en place de cette complémentaire santé obligatoire au sein de la Sécurité sociale participe à la remise en cause de l’assurance maladie et de sa logique solidaire. Elle se met en place au moment où le gouvernement réduit le poids de l’assurance maladie (baisse des remboursements, menace contre le 100% pour les affections longue durée, menace de transferts de pans entiers de la Sécu vers les complémentaires comme l’optique ou le dentaire...). Elle participe de la construction d’une Sécu à plusieurs étages où seuls ceux qui en auront les moyens pourront être pris en charge.

Si les conditions de mise en oeuvre de l’accord peuvent paraître alléchantes (montant de la cotisation, prestations), le texte laisse de nombreuses questions en suspens et pose de sérieux problèmes en termes d’équité et de solidarité.

Les signataires offrent un chèque en blanc à l’employeur et aux assureurs dans la mesure où les cotisations réelles ne sont pas fixées : l’UCANSS n’ayant proposé qu’une fourchette.

Aujourd’hui, la participation de l’employeur est de 50% de la cotisation mais qu’en sera-t-il demain lorsque les complémentaires augmenteront leurs tarifs ? Cette question se pose d’autant plus que l’UCANSS a toujours affirmé que cette complémentaire se mettrait en place « à coût constant, sans augmentation de la masse salariale ». Autrement dit ce que l’employeur « donne » aujourd’hui pour la complémentaire, il le finance déjà sur l’absence d’augmentations de salaire et de promotions aujourd’hui... comme demain.

Le coût restera élevé pour de nombreux retraités, par rapport à ce que proposaient auparavant les mutuelles du personnel.

Il n’y a aucune garantie non plus sur la préservation de ces mutuelles (environ 120) et de leurs salariés (600 personnes).

Enfin le système reste injuste puisque la cotisation est plafonnée et qu’un directeur paiera proportionnellement beaucoup moins qu’un employé !!!

Ce texte, présenté par l’UCANSS comme n’apportant que des avantages aux salariés, permet surtout aux assureurs privés (même s’ils se proclament organismes de prévoyance) de s’approprier la protection sociale du personnel de la Sécurité sociale. Rappelons que l’AG2R est associée à l’assureur La Mondiale et que le groupe Méderic est dirigé par Guillaume Sarkozy, responsable du Medef et frère de « Saint » Nicolas, patron de l’ultralibéralisme et président de la République des nantis.

Pour SUD Protection Sociale, ce n’est pas à l’employeur de choisir la couverture complémentaire des salariés. Si l’employeur a de l’argent, qu’il le verse en salaire et laisse les salariés et les comités d’entreprise choisir leurs mutuelles indépendamment de l’employeur.

L’UCANSS affirme que cette complémentaire permettra d’attirer et de fidéliser les salariés.
SUD Protection Sociale considère que pour être réellement attractive l’institution doit offrir des salaires décents à son personnel, ce qu’elle refuse depuis des années.

Pour SUD Protection Sociale

Le secrétaire national

Alain Caillot

Paris le 2 septembre 2008

- SUD Protection Sociale -